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Le procès de Callixte Kalimanzira, un ancien haut fonctionnaire rwandais poursuivi notamment pour génocide, s'est ouvert lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).
D'avril à mai 1994, l'accusé a assuré la direction intérimaire du ministère de l'Intérieur rwandais dont il était le directeur de cabinet.
Un hutu se cache pendant des tirs entre le Front Patriotique Rwandais et des soldats, le 12 juin 1994 à Mushubati, au Rwanda
Né en 1953 dans le commune de Muganza, dans la préfecture de Butare (sud), Kalimanzira, un agronome de formation, répond de trois chefs: génocide, complicité dans le génocide, incitation directe et publique à commettre le génocide.
"Le temps est venu pour l'accusé Kalimanzira de répondre des charges portées contre lui", a déclaré à l'ouverture du procès, Christine Graham, représentant le bureau du procureur.
"Kalimanzira a participé aux campagnes génocidaires dans la préfecture de Butare", a-t-elle poursuivi.
Mme Graham a accusé Kalimanzira d'avoir joué "un rôle clé" dans le massacre vers la fin avril 1994 de milliers de Tutsis qui avaient cherché refuge sur la colline de Kabuye, dans la commune de Ndora (sud).
"Des réfugiés tutsis se sont approchés de lui, lui ont demandé de l'aide mais au lieu de cela, il a encouragé les assaillants à poursuivre le massacre", a affirmé la représentante du procureur.
Elle a souligné que ces tueries de Kabuye perpétrées par des soldats, des miliciens Interahamwe et des réfugiés hutus burundais, avaient duré plusieurs jours.
M. Kalimanzira persiste à plaider non coupable", a déclaré Me Anta Guissé, l'un des avocats de la défense.
Au centre de détention du TPIR à Arusha, en Tanzanie, six autres accusés attendent le début de leur procès.
Le TPIR est chargé de rechercher et juger les principaux responsables du génocide rwandais. Il a, à ce jour, prononcé 30 condamnations et cinq acquittements.
Environ 800.000 personnes, selon l'ONU, essentiellement parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés, ont été tuées au cours du génocide d'avril à juillet 1994, planifié et mis à exécution par les extrémistes hutus.
TPIR: procès d'un ex-haut responsable rwandais accusé de génocide
ARUSHA (AFP)